• E-mail
  • Délivrabilité et diagnostic
Freemium

Spamhaus : savoir si votre IP ou votre domaine est sur liste noire, et en sortir

Référence

Quand des e-mails reviennent avec un message de refus mentionnant Spamhaus, c’est sur son site qu’il faut aller. Spamhaus publie les listes de blocage que consultent une grande partie des serveurs de messagerie pour trier le courrier entrant, et met à disposition un vérificateur gratuit : on saisit une adresse IP ou un nom de domaine, on voit s’il figure sur l’une de ses listes, pour quelle raison, et comment demander son retrait. Ce n’est pas un logiciel que l’on achète, mais une référence de la délivrabilité : la réputation d’un expéditeur dépend directement de son verdict.

Visiter le site
Page d’accueil de The Spamhaus Project
La page d’accueil de Spamhaus, avec le champ de recherche qui mène au vérificateur de réputation (capture d’octobre 2026).

Qu’est-ce que Spamhaus ?

Derrière le nom se trouvent avant tout des listes de blocage DNS (DNSBL). Lorsqu’un serveur reçoit un message, il interroge ces listes en quelques millisecondes : si l’adresse IP de l’expéditeur ou un domaine du message y figure, le courrier est refusé, classé en spam ou noté plus sévèrement. Chaque liste a son rôle. La SBL recense les adresses et plages liées au spam, à l’hébergement malveillant ou aux serveurs de commande de botnets, sur la base des enquêtes d’une équipe de chercheurs ; elle inclut la CSS, générée automatiquement à partir des IP qui envoient du courrier de faible réputation. La XBL liste les machines compromises (logiciel malveillant, proxy ouvert, tentatives de connexion par force brute). La PBL regroupe les plages d’adresses grand public qui ne devraient pas envoyer de courrier directement : y figurer n’est pas une accusation, seulement le signe qu’il faut passer par un serveur d’envoi authentifié. La DBL, elle, ne vise que des noms de domaine liés au spam, au phishing ou aux logiciels malveillants, y compris des sites légitimes piratés. La zone ZEN réunit toutes les listes d’adresses IP en une seule requête, et la liste DROP signale les réseaux entiers à ne pas router.

Pour un expéditeur, l’outil de tous les jours est l’IP and Domain Reputation Checker (check.spamhaus.org) : il indique sur quelle liste figure une ressource, pourquoi, et ouvre le formulaire de retrait. Le retrait est gratuit, et c’est le seul endroit où il se demande pour la XBL, la CSS, la PBL et la DBL. Il n’est accordé qu’une fois la cause corrigée, faute de quoi l’adresse revient aussitôt sur la liste. Les inscriptions automatiques expirent d’elles-mêmes quand l’activité cesse (environ trois jours après la dernière détection pour la CSS) ; pour la SBL, c’est l’hébergeur ou le fournisseur d’accès responsable de l’adresse qui doit écrire à l’équipe de Spamhaus.

Le projet est né en 1998 à Londres, à l’initiative de Steve Linford. The Spamhaus Project, organisation à but non lucratif installée aujourd’hui en Andorre, tient les listes et les outils gratuits, tandis que Spamhaus Technology, basée à Londres, commercialise l’accès aux données pour les entreprises et s’est alliée à abuse.ch, spécialiste des logiciels malveillants. L’organisation revendique 4,5 milliards de boîtes aux lettres protégées et a été plusieurs fois prise pour cible par des spammeurs, devant les tribunaux comme par une attaque informatique de grande ampleur en 2013.

Spamhaus en un coup d’œil

Type
Listes de blocage anti-spam (DNSBL)
Création
1998
Fondateur
Steve Linford
Origine
Londres, Royaume-Uni
Siège
Andorre (The Spamhaus Project)
Offre commerciale
Spamhaus Technology, Londres
Statut
Organisation à but non lucratif
Version gratuite
Vérification et retrait gratuits pour tous
Prix d’entrée
Sur devis pour un usage commercial

À quoi sert Spamhaus ?

  • Vérifier une IP ou un domaine

    le vérificateur indique si votre serveur d’envoi ou votre domaine figure sur l’une des listes, et laquelle.

  • Demander le retrait d’une liste

    une fois la cause corrigée, le formulaire de retrait est gratuit et traité directement pour la XBL, la CSS, la PBL et la DBL.

  • Comprendre un refus de vos e-mails

    chaque inscription est accompagnée de son motif, ce qui aide à remonter à la vraie cause : machine infectée, envoi depuis une connexion grand public, liste de contacts mal tenue, ou un domaine cité dans le corps du message (raccourcisseur de liens, domaine de suivi d’une plateforme d’envoi) qui figure sur la DBL sans que le vôtre soit en cause.

  • Valider une IP avant de l’utiliser

    avant de lancer des envois depuis un nouveau serveur, mieux vaut vérifier que son adresse n’a pas hérité de la mauvaise réputation d’un précédent client.

  • Filtrer le courrier entrant

    les listes s’interrogent depuis votre serveur de messagerie ou via SpamAssassin et Rspamd, gratuitement en usage non commercial modeste, de préférence avec une clé DQS obtenue par un compte gratuit : les miroirs publics répondent par un code d’erreur quand les requêtes sont trop nombreuses ou passent par un résolveur DNS public.

  • Suivre les statistiques de réputation

    des classements publics par pays, réseau, extension de domaine et bureau d’enregistrement, mis à jour chaque mois.

Avis sur Spamhaus

Référence

On ne choisit pas vraiment Spamhaus : on le découvre, souvent le jour où un client signale qu’un message n’est jamais arrivé. Ses listes comptent parmi les plus consultées par les serveurs de messagerie, et ce sont celles qu’il faut surveiller en premier quand on envoie du courrier. Des dizaines d’autres listes noires existent, mais peu d’entre elles pèsent autant sur le sort d’un message.

Le vérificateur fait bien son travail : gratuit, rapide, il donne la liste concernée et un motif. Mais il faut savoir le lire. Une inscription sur la PBL n’est pas une sanction, seulement le rappel qu’une adresse grand public ne doit pas envoyer seule ; une inscription sur la XBL signale presque toujours une machine compromise sur le réseau, pas un expéditeur malhonnête. Pour la XBL, demander le retrait sans désinfecter la machine ne sert à rien ; pour la PBL, l’exclusion se demande simplement, à condition d’exploiter un vrai serveur de messagerie sur une adresse fixe, avec un DNS inverse cohérent.

Spamhaus se montre aussi exigeant, et il ne fait pas toujours la différence entre l’expéditeur et son voisinage. Une IP partagée chez un hébergeur, une plage d’adresses mal fréquentée ou quelques envois mal ciblés peuvent suffire à se retrouver listé. Quand l’inscription relève de la SBL, il faut passer par son hébergeur, et l’échange avec l’équipe peut être long et peu explicatif. Mieux vaut le savoir avant de choisir un serveur d’envoi bon marché.

L’offre payante ne concerne pas l’expéditeur. Elle vise les entreprises qui filtrent du courrier à grande échelle, fournisseurs d’accès, hébergeurs ou éditeurs de solutions anti-spam, et ses tarifs ne sont communiqués que sur devis.

Points forts

  • Une référence suivie par une grande partie des serveurs de messagerie : son verdict pèse réellement sur la délivrabilité.
  • Vérification et retrait gratuits, ouverts à tous, sans abonnement.
  • Des listes distinctes, chacune avec un motif précis, qui orientent vers la vraie cause du problème.
  • Des inscriptions automatiques qui expirent d’elles-mêmes une fois l’activité arrêtée.
  • Des listes gratuites pour filtrer son propre courrier, si l’usage reste non commercial et modeste.

Points faibles

  • Des critères stricts : des expéditeurs de bonne foi se retrouvent listés à cause d’une IP partagée ou d’une plage voisine.
  • Des déclencheurs d’inscription qui ne sont pas publiés en détail.
  • Une sortie de la SBL qui passe par l’hébergeur et peut prendre du temps.
  • Aucun support technique pour les comptes gratuits.
  • Aucun prix publié pour l’usage commercial, uniquement des devis.

Spamhaus vaut-il la peine ?

Oui, si vous envoyez des e-mails depuis votre propre serveur ou une IP dédiée, si vos messages se mettent à être refusés, ou si vous gérez la messagerie d’une entreprise. Une vérification sur Spamhaus fait partie des premiers réflexes, au même titre qu’un test de configuration avec Mail-tester, et elle ne coûte rien.

Pas forcément, si vous passez par une plateforme d’envoi comme Brevo ou Mailchimp : c’est elle qui gère la réputation de ses serveurs, et votre levier se situe plutôt du côté de l’authentification du domaine et de la qualité de votre liste. Pour une vue d’ensemble, MXToolbox interroge des dizaines de listes noires à la fois, et Google Postmaster Tools montre comment Gmail perçoit votre domaine. L’abonnement Spamhaus, lui, ne se justifie que pour filtrer du courrier entrant à l’échelle d’une entreprise ou d’un fournisseur.

Combien coûte Spamhaus ?

Tout ce dont un expéditeur a besoin est gratuit : le vérificateur d’IP et de domaine comme les demandes de retrait. L’interrogation des listes pour filtrer son courrier l’est aussi pour les particuliers et les petites structures non commerciales à faible volume. Au-delà, l’accès commercial, désormais appelé « Blocklists via DNS Query » (anciennement Data Query Service), est facturé selon le volume de requêtes, sans grille publiée.

FormulePar moisInclusPour qui
Gratuit 0 € Vérificateur, retrait des listes, interrogation des listes en usage non commercial modeste (sans la liste HBL) Expéditeurs, particuliers, petites structures non commerciales
Blocklists via DNS Query (commercial) Sur devis Toutes les listes, dont la HBL, selon un volume de requêtes défini Entreprises, hébergeurs, fournisseurs d’accès, éditeurs anti-spam

Source : grille tarifaire officielle de Spamhaus, relevée le 31 octobre 2026.

  • L’offre commerciale démarre par un essai gratuit de 30 jours, sans carte bancaire ; le prix est fixé ensuite selon le nombre d’utilisateurs et le volume de requêtes réellement constatés.
  • L’usage gratuit des listes est soumis à une politique d’usage équitable : pas d’usage commercial, un volume raisonnable et des requêtes identifiables, ce qui exclut les résolveurs DNS publics qui masquent l’origine des requêtes.
  • Le retrait d’une liste ne coûte jamais rien : toute offre de retrait payant est une arnaque.

FAQ

Réponses aux questions sur Spamhaus

Comment savoir si mon IP est listée chez Spamhaus ?

Il suffit de saisir l’adresse IP ou le nom de domaine dans le vérificateur gratuit de Spamhaus (IP and Domain Reputation Checker). Il indique la liste concernée, le motif et, le cas échéant, la marche à suivre pour demander le retrait.

Le retrait d’une liste Spamhaus est-il payant ?

Non. Le retrait est toujours gratuit, et Spamhaus précise que toute personne proposant un retrait contre paiement est un escroc. Il faut en revanche avoir corrigé la cause de l’inscription, sinon l’adresse est listée de nouveau.

Quelle est la différence entre SBL, XBL, PBL et DBL ?

La SBL vise les sources de spam et les réseaux malveillants, la XBL les machines compromises, la PBL les adresses grand public qui ne devraient pas envoyer de courrier directement, et la DBL les noms de domaine de mauvaise réputation. La zone ZEN réunit les listes d’adresses IP.

Mon IP est sur la PBL : suis-je considéré comme spammeur ?

Non. La PBL indique seulement que l’adresse appartient à une plage grand public, qui doit passer par un serveur d’envoi authentifié. Si vous exploitez un vrai serveur de messagerie sur une IP fixe, avec un DNS inverse cohérent, vous pouvez demander à l’en exclure.

Combien coûte l’accès commercial à Spamhaus ?

Spamhaus ne publie pas de prix. Après un essai gratuit de 30 jours, le tarif est fixé sur devis selon le nombre d’utilisateurs et le volume de requêtes.

Informations vérifiées le 31 octobre 2026