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Checkly : surveiller ses API et ses parcours utilisateurs comme du code

Bon outil

La page de paiement qui ne répond plus un dimanche soir, l’API qui renvoie une erreur après une mise en production : Checkly est fait pour le découvrir avant les clients. Il rejoue en continu, depuis plusieurs régions du monde, des requêtes sur vos API et des parcours complets dans un vrai navigateur grâce à Playwright, puis prévient l’équipe dès qu’un contrôle échoue. Sa particularité tient à la méthode : ces contrôles s’écrivent en TypeScript, se rangent dans le dépôt de code et se déploient comme le reste de l’application. Cette approche lui a fait une place à part parmi les services de surveillance synthétique destinés aux développeurs.

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Page d’accueil de Checkly
La page d’accueil de Checkly, qui montre un check Playwright écrit, testé puis déployé depuis la ligne de commande (capture d’octobre 2026).

Qu’est-ce que Checkly ?

Checkly est un service en ligne qui exécute pour vous des « checks », de petits tests automatiques lancés à intervalle régulier. Les plus simples sont des moniteurs de disponibilité : une adresse web, un port TCP, un enregistrement DNS, un certificat SSL ou un ping, plus des « heartbeats » qui vérifient qu’une tâche planifiée s’est bien exécutée. Viennent ensuite les checks d’API, qui envoient une requête HTTP et contrôlent la réponse (code, contenu, temps de réponse), éventuellement en plusieurs étapes enchaînées. Les checks navigateur, enfin, lancent un véritable Chrome piloté par un script Playwright : connexion, ajout au panier, formulaire de contact, tout ce qu’un visiteur peut faire. Les mêmes suites de tests Playwright que l’équipe utilise déjà peuvent tourner telles quelles, et les Web Vitals des pages visitées sont relevés au passage.

Tout cela peut se régler dans l’interface web, mais l’éditeur pousse une autre approche, qu’il appelle « monitoring as code ». On décrit ses checks dans des fichiers TypeScript, on les essaie en local avec npx checkly test, puis on les publie avec npx checkly deploy, depuis son poste ou depuis la chaîne d’intégration continue. Des fournisseurs Terraform et Pulumi existent pour ceux qui gèrent déjà leur infrastructure en code, et un serveur MCP permet désormais à des agents comme Claude Code ou Cursor de créer et de lire les checks. Les contrôles tournent depuis 22 régions publiques, ou depuis des emplacements privés installés dans votre propre réseau. En cas d’échec, Checkly relance le test avant d’alerter, selon une stratégie réglable par check (nombre de tentatives, délai, depuis la même région ou depuis une autre), puis prévient par e-mail, Slack, SMS, appel téléphonique, PagerDuty ou Opsgenie. L’éditeur y ajoute des pages de statut publiques, des traces OpenTelemetry et un assistant d’analyse, Rocky AI, qui propose une cause probable à chaque nouvel échec.

Le projet est né en 2018, lorsque le développeur Tim Nolet en a publié seul une première version bêta. La société s’est structurée en 2020 avec Hannes Lenke, devenu directeur général, et Timo Euteneuer, et a levé la même année 2,25 millions de dollars auprès d’Accel. En juillet 2024, une série B de 20 millions de dollars menée par Balderton Capital a porté le total levé à 32,25 millions. Checkly revendiquait alors plus de 1 000 clients et affiche aujourd’hui des références comme Vercel, Airbus, CrowdStrike ou 1Password ; l’entreprise a des bureaux à Berlin et à New York.

Checkly en un coup d’œil

Type
Surveillance synthétique en ligne (SaaS)
Lancement
2018 (bêta), société en 2020
Fondateurs
Tim Nolet, Hannes Lenke, Timo Euteneuer
Origine
Allemagne (Berlin)
Bureaux
Berlin et New York
Fonds levés
32,25 M$ (série B en 2024)
Technologie
Playwright, TypeScript, OpenTelemetry
Version gratuite
Oui, 10 moniteurs et 1 000 tests navigateur par mois
Prix d’entrée
29 $/mois (24 $ à l’année)

À quoi sert Checkly ?

  • Vérifier que votre site répond

    moniteurs de disponibilité sur une adresse, un port, un enregistrement DNS ou un certificat SSL, jusqu’à toutes les 30 secondes selon la formule.

  • Surveiller vos API

    des requêtes HTTP rejouées en continu, avec des assertions sur le code de retour, le contenu de la réponse et le temps de réponse.

  • Rejouer les parcours de vos visiteurs

    connexion, panier ou formulaire exécutés dans un vrai navigateur grâce à Playwright, avec capture vidéo et trace en cas d’échec.

  • Gérer la surveillance dans votre code

    des checks écrits en TypeScript, versionnés dans le dépôt et déployés par la ligne de commande, Terraform, Pulumi ou GitHub Actions.

  • Être alerté sans fausse alarme

    une relance depuis une autre région avant toute alerte, envoyée ensuite par e-mail, Slack, SMS, appel, PagerDuty ou Opsgenie.

  • Suivre les Web Vitals

    les indicateurs de vitesse et de stabilité des pages parcourues par vos tests, relevés à chaque exécution.

  • Informer vos clients en cas d’incident

    des pages de statut alimentées par les résultats des checks, avec gestion des incidents sur les formules supérieures.

  • Comprendre plus vite une panne

    Rocky AI analyse un échec et propose une cause probable, en s’appuyant sur les traces OpenTelemetry quand elles sont branchées.

Avis sur Checkly

Bon outil

Pour une équipe qui écrit déjà ses tests de bout en bout avec Playwright, Checkly tombe presque sous le sens. Le script qui vérifie le tunnel de commande avant chaque mise en production devient, sans réécriture, une sonde qui tourne toutes les dix minutes depuis Francfort, la Virginie et Singapour. Les checks vivent dans le dépôt, passent en revue de code comme le reste, et quand l’un d’eux échoue, on récupère la vidéo, les captures et la trace Playwright pour comprendre ce qui s’est passé. C’est ce confort de débogage, plus que la surveillance elle-même, qui fait la différence avec un simple service de ping.

Un point à régler avant de mettre un parcours en production : chaque exécution est une visite réelle, qui remplit un panier, déclenche des e-mails transactionnels et s’ajoute aux statistiques d’audience. Il faut prévoir un compte de test, un moyen de paiement factice et un filtrage de ces visites dans l’outil de mesure, faute de quoi les chiffres de fréquentation et de conversion seront faussés.

Le revers est évident : Checkly est pensé pour des développeurs. Il est possible de créer un moniteur ou un check d’API dans l’interface sans écrire de code, mais tout l’intérêt de l’outil se trouve dans les scripts Playwright et la ligne de commande. Pour le propriétaire d’un site vitrine qui veut seulement savoir si sa page d’accueil répond, c’est trop d’outillage pour un besoin que des services plus simples couvrent très bien. Il faut aussi garder en tête son périmètre : Checkly observe l’application de l’extérieur, comme un visiteur, mais ne remplace ni un outil de suivi des performances côté serveur, ni la collecte de journaux, ni la surveillance de l’infrastructure.

Côté budget, la formule gratuite est généreuse pour démarrer et se suffit à elle-même sur un petit projet. Au-delà, la facture se calcule en exécutions de tests, et c’est là qu’il faut être attentif : un parcours navigateur lancé chaque minute depuis trois régions consomme vite son quota, et les dépassements sont facturés automatiquement sur les formules payantes. Bien réglé, Checkly reste nettement plus lisible que les modules synthétiques des grandes plateformes d’observabilité ; mal calibré, il peut réserver une surprise en fin de mois.

Points forts

  • Des tests Playwright réutilisés tels quels comme sondes de production.
  • Une vraie démarche « monitoring as code », avec CLI, Terraform, Pulumi et intégration continue.
  • Des échecs faciles à analyser grâce aux vidéos, captures et traces.
  • Une relance depuis une autre région qui limite les fausses alertes.
  • Une formule gratuite durable, sans carte bancaire.
  • Une tarification publique et détaillée, prix des dépassements compris.

Points faibles

  • Un outil qui suppose de savoir écrire du TypeScript pour en tirer parti.
  • Une surveillance vue de l’extérieur seulement : ni APM, ni journaux, ni infrastructure.
  • Une facture qui grimpe vite avec la fréquence et le nombre de régions des tests navigateur.
  • Des pages de statut et l’assistant IA facturés en plus de la formule principale.
  • Six régions seulement sur les petites formules, et pas d’emplacement privé avant Team.

Checkly vaut-il la peine ?

Oui, si vous développez une application web ou une API dont la moindre panne coûte des ventes ou des clients, et que votre équipe travaille déjà avec Playwright et une chaîne d’intégration continue. Vous surveillerez en production exactement ce que vous testez avant de livrer, au même endroit que le code. La formule gratuite suffit pour l’essayer sérieusement sur un vrai projet, et Team devient le choix logique dès qu’il faut plusieurs régions, des emplacements privés ou dix utilisateurs.

Pas forcément, si vous voulez seulement être prévenu quand votre site tombe : UptimeRobot ou Better Stack le font plus simplement, sans une ligne de code. Si votre entreprise utilise déjà Datadog, New Relic ou Grafana Cloud pour l’observabilité, leurs modules synthétiques ont l’avantage de tout réunir dans un même outil, au prix d’une moindre souplesse avec Playwright. Et pour suivre la vitesse d’affichage de quelques pages, PageSpeed Insights reste gratuit.

Combien coûte Checkly ?

Checkly publie ses tarifs en dollars uniquement, au mois ou à l’année avec une remise allant jusqu’à 20 %. Le prix ci-dessous correspond à la brique principale, la surveillance (Detect) ; chaque formule inclut un nombre de moniteurs et un volume mensuel d’exécutions de tests, et les pages de statut comme l’assistant IA se paient à part.

FormulePar moisPar mois, payé à l’annéeInclusPour qui
Hobby 0 $ — 10 moniteurs, 10 000 tests d’API et 1 000 tests navigateur par mois, 1 utilisateur Projet personnel, découverte de l’outil
Starter 29 $ 24 $ 50 moniteurs, 25 000 tests d’API et 3 000 tests navigateur par mois, 3 utilisateurs Start-up ou petite équipe produit
Team 80 $ 64 $ 75 moniteurs, 100 000 tests d’API et 12 000 tests navigateur par mois, 10 utilisateurs, 22 régions et emplacements privés Équipes techniques qui surveillent des services critiques
Enterprise Sur devis Volumes sur mesure, tests jusqu’à chaque seconde, SSO, SLA de 99,9 % Grandes organisations

Source : grille tarifaire officielle de Checkly, relevée le 31 octobre 2026.

  • La formule Hobby est gratuite sans carte bancaire, mais bloquée à son quota : les tests s’arrêtent une fois la limite atteinte.
  • Sur Starter et Team, les tests continuent au-delà du quota et les dépassements sont facturés : 6,50 $ (Starter) ou 6,25 $ (Team) les 1 000 tests navigateur, 2,60 $ ou 2,50 $ les 10 000 tests d’API. Des volumes peuvent aussi être achetés d’avance, moins cher.
  • Pages de statut (Communicate) : 12 $ par mois sur Starter et 34 $ sur Team (9 $ et 30 $ à l’année). Assistant Rocky AI (Resolve) : 19 $ et 49 $ par mois (12 $ et 39 $ à l’année).
  • Remise de 30 % pour les start-up de moins de deux ans et de 50 % pour les associations, sur demande.
  • Un essai gratuit est proposé sur Starter et Team, sans durée affichée.

FAQ

Réponses aux questions sur Checkly

Checkly est-il gratuit ?

Oui, avec la formule Hobby, sans carte bancaire : 10 moniteurs de disponibilité, 10 000 tests d’API et 1 000 tests navigateur par mois, pour un seul utilisateur. Les tests s’arrêtent quand le quota est atteint. Les formules payantes commencent à 29 dollars par mois, ou 24 dollars par mois à l’année.

Faut-il savoir coder pour utiliser Checkly ?

Pas pour créer un moniteur de disponibilité ou un check d’API simple, qui se règlent dans l’interface. En revanche, les parcours navigateur reposent sur des scripts Playwright en JavaScript ou TypeScript, et l’essentiel de l’intérêt de l’outil tient à cette approche en code.

Quelle différence entre Checkly et Playwright ?

Playwright est une bibliothèque open source de Microsoft pour automatiser un navigateur et écrire des tests. Checkly exécute ces scripts à intervalle régulier depuis plusieurs régions du monde, conserve les résultats et envoie des alertes en cas d’échec.

Comment est calculé le prix de Checkly ?

Chaque formule inclut un nombre de moniteurs et un volume mensuel d’exécutions. Un test lancé depuis deux régions compte deux fois, et une suite Playwright consomme une exécution par tranche de 30 secondes. Au-delà du quota, les formules payantes facturent les dépassements.

Informations vérifiées le 31 octobre 2026